UNE VIE, UN HOMME D’EXCEPTION
Après nous avoir ému chez James Gray et Florian Zeller, l’immense Anthony Hopkins récidive cette année dans un biopic consacré à Nicholas Winton, surnommé le "Schindler britannique".
Sur près de soixante ans de carrière, l’infatigable Anthony Hopkins a eu plus d’une fois l’occasion de se fondre dansla peau de personnages historiques. Il aura été, parmi tant d’autres, l’écrivain Charles Dickens (The Great Inimitable Mr. Dickens, 1971), le peintre Pablo Picasso (Surviving Picasso, 1996), ou le réalisateur Alfred Hitchcock (Hitchcock, 2012). Devant la caméra du Britannique James Hawes – qui signe ici son premier film pour le cinéma après une carrière prolifique sur le petit écran –, il incarne Nicholas Winton, courtier londonien responsable du sauvetage de 669 enfants tchécoslovaques à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Une belle manière de rendre hommage à l’histoire vraie – encore trop méconnue – d’un homme ordinaire ayant accompli un acte des plus extraordinaires.
Après s’être vu confier tant de fois le mauvais rôle – impossible d’oublier son interprétation du terrible Hannibal Lecter dans Le Silence des Agneaux (1991) de Jonathan Demme –, Anthony Hopkins semble désormais se diriger vers des rôles empreints d’une humanité bouleversante. Une démarche amorcée lors de sa collaboration avec Florian Zeller sur The Father (2021), dans lequel il joue le rôle d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer – une prestation exceptionnelle qui lui vaudra l’Oscar du Meilleur Acteur. Cette humanité, on la retrouve au cœur même du film de James Hawes, et plus encore dans le jeu subtil et tout en retenue de l’acteur, qui n’a aucun mal à nous faire croire en la sincérité de ce personnage qui n’a jamais voulu être considéré comme un héros.
HÉROS MALGRÉ LUI
Aucun autre mot ne nous semble pourtant plus approprié que l’est "héroïque" lorsqu’il s’agit d’évoquer les accomplissements de Nicholas Winton. C’est aussi ce que semble dire le film, qui déroule patiemment la chronologie de l’organisation de cette opération hors-normes – tout en ayant l’honnêteté de souligner le rôle majeur qu’a joué à ses côtés Doreen Warriner, alors cheffe du comité britannique pour les réfugiés tchécoslovaques. Plus encore, il nous permet de découvrir les états d’âme d’un homme qui aurait voulu en faire davantage, avant que le destin ne se charge, d’une manière aussi bouleversante qu’inattendue, de lui faire prendre conscience de l’ampleur de ses actions.
Cet article est issu du Mag by UGC.
Une vie, un film labellisé UGC Aime, à découvrir en ce moment au cinéma.