PERFECT DAYS, KŌJI YAKUSHO, ACTEUR DU SIÈCLE
Récompensé par le Prix d’interprétation masculine au dernier Festival de Cannes, l’acteur japonais Kōji Yakusho trouve chez Wim Wenders un rôle à hauteur d’une carrière encore trop méconnue dans l’Hexagone.
Véritable monument au Japon, Kōji Yakusho incarne un nettoyeur de toilettes publiques dans le très poétique Perfect Days. Filmé par Wim Wenders, ce métier se pare de surprenants atours philosophiques. Dans la peau d’Hirayama, un homme solitaire adepte des plaisirs simples, Yakusho est si convaincant qu’on en oublie même son statut d’acteur star au surprenant parcours. Il fut officier de mairie dans sa jeunesse, avec des rêves d’ailleurs. Jusqu’au jour où il tombe nez-à-nez avec l’acteur de théâtre Tatsuya Nakadai, courtisé par les plus grands.
Devant ce mastodonte, le jeune homme prend une résolution : s’inscrire à ses cours d’art dramatique. Coup de chance ; il est choisi face à plusieurs centaines de prétendants. Il s’appelle alors Kōji Hashimoto, son maître le rebaptise "Yakusho qui signifie "fonctionnaire en japonais – ça ne s’invente pas. Un patronyme qui ne l’empêche pas de briller, d’abord dans des séries télévisées au cours des années 1980. La décennie suivante va consacrer l’acteur, la quarantaine fringante, comme un talent à suivre. En partie grâce à des succès internationaux comme Shall We Dance ? (1996) et surtout L’Anguille, de Shōhei Imamura, Palme d’or au Festival de Cannes 1997.
UNE ASCENSION VERTIGINEUSE
Avec ce film, Yakusho témoigne d’un goût pour les rôles taciturnes. Un ton qu’il explore ensuite via les thrillers et contes d’épouvante, signés Kiyoshi Kurosawa, dont il devient la muse, avec pas moins de sept films tournés ensemble. On notera les acclamés Cure (1997) et Kairo (2001), où il campe des personnages à l’allure très sombre.
Le succès de ces films accélère encore la notoriété de l’acteur, qui tourne même pour Rob Marshall dans Mémoires d’une geisha (2005) puis Alejandro González Iñárritu dans Babel (2006). De quoi en faire l’acteur japonais emblématique des années 2000, jusqu’à ses rôles de samouraï pour Takashi Miike ou de meurtrier pour Hirokazu Kore-eda. Peu surprenant que Wim Wenders ait fait appel à lui, les deux hommes ont en commun leur ouverture sur l’international. Cette fois pour une partition lumineuse, dans laquelle Yakusho confirme définitivement l’étendue de ses talents.
Cet article est issu du Mag by UGC.
Perfect Days, un film labellisé UGC Aime, à retrouver actuellement dans nos cinémas.