OMAR LA FRAISE, UN DUO D’ACTEURS AU SOMMET
Les incontournables Reda Kateb et Benoît Magimel incarnent deux gangsters en retraite forcée dans le premier long-métrage explosif du réalisateur-producteur Elias Belkeddar. Le film sera présenté en Séance de Minuit lors de la 76e édition du Festival de Cannes.
Tantôt farouchement drôles, tantôt extrêmement touchantes, les scènes partagées par les deux comédiens n’ont aucun mal à nous faire croire en cette amitié sans faille.
Personne n’avait encore pensé à réunir les immenses Benoît Magimel et Reda Kateb dans un même film. Sous l’impulsion d’Elias Belkeddar – primo cinéaste reconnu par ailleurs pour son activité en tant que producteur pour la société Iconoclast –, c’est désormais chose faite. Sous ses airs de parodie de film de gangster ultra testostérone, Omar la fraise raconte en creux l’amitié de deux grands bandits français contraints à l’exil, qui traînent leur solitude et leur spleen perchés sur les hauteurs d’une imposante villa algérienne en bord de mer.
On y découvre avec surprise une facette insoupçonnée du talent de Reda Kateb, qu’on associe plus volontiers à des partitions autrement plus sérieuses et plus graves – l’acteur jouait récemment le rôle du frère aîné de Malik Oussekine dans Nos frangins de Rachid Bouchareb, sorti en décembre dernier –, tant ce dernier excelle à donner corps à ce personnage de bandit au grand cœur.
Plus surprenant encore, l’acteur cultive instantanément une alchimie indéniable avec son partenaire de jeu, l’inénarrable Benoît Magimel. Tantôt farouchement drôles, tantôt extrêmement touchantes, les scènes partagées par les deux comédiens n’ont aucun mal à nous faire croire en cette amitié sans faille qu’entretiennent Omar et son acolyte, baptisé Roger.
LA MAGIE MAGIMEL
Slalomant depuis quelques années entre rôles dramatiques d’envergure et par titions aussi hallucinantes qu’hallucinées, Benoît Magimel n’aura jamais autant capté notre attention. Celui qui a réussi l’exploit de décrocher deux années de suite le César du meilleur acteur (en 2021 pour De son vivant d’Emmanuelle Bercot, puis en 2022 pour Pacifiction d’Albert Serra), semble aujourd’hui bien décidé à surprendre encore davantage le public. Il y a quelque chose du Haut-Commissaire De Roller dans le personnage de Roger, comme si le costume qu’il avait revêtu pour le film hypnotique d’Albert Serra ne l’avait jamais vraiment quitté. Et comme la magie Magimel n’opère jamais qu’une seule fois, les spectateurs cannois auront aussi l’occasion de (re)découvrir l’acteur dans deux films de la sélection: La Passion de Dodin Bouffant de Trần Anh Hùng et Rosalie de Stéphanie Di Giusto.
Cet article est issu du Mag by UGC.
Omar la fraise, à découvrir actuellement dans nos cinémas.