Dans le nord du Kent en Angleterre, Bailey, 12 ans, mène une existence marginale, squattant un appartement avec son frère Hunter et leur père Bug, un zonard lourdement tatoué. La vie de la jeune fille va changer lorsqu’elle fait la connaissance de Bird, un garçon dont l’occupation principale est d’observer les gens, perché sur un toit. Cette rencontre va bouleverser sa conception du monde.

Andrea Arnold a toujours filmé une jeunesse rarement mise à l’honneur au cinéma. Pour son cinquième long-métrage, la cinéaste a pointé sa caméra sur les enfants déshérités du Kent, région dont elle est elle-même originaire. Une manière de revenir à ses racines pour une réalisatrice qui, ces dernières années, a tenté l’aventure du documentaire (Cow) et de la série télévisée de prestige (la saison 2 de Big Little Lies). Elle nous plonge cette fois au beau milieu d’une petite communauté de marginaux ayant élu domicile entre les murs d’un appartement mi-taudis, mi-squat. Parmi les habitants il y a Bug, 26 ans (incarné par le comédien irlandais Barry Keoghan, dont l’intensité rock et la gueule de traviole  impressionnent). Père immature de deux adolescents – Hunter et sa demi-sœur Bailey –, Bug s’apprête à se marier avec Kayleigh, qu’il a rencontrée il y a trois semaines seulement. Mais il a aussi en tête une combine censée lui rapporter un bon pactole. Son plan, aussi original qu’illégal, met en scène un crapaud badigeonné de substances hallucinogènes que Bug et ses compagnons d’infortune devront apprendre à dresser, mais on n’en dira pas plus…

À quoi rêvent les enfants livrés à eux-mêmes dans un monde où tout n’est que chaos et où les adultes n’assument plus leurs responsabilités ? Cette question hante le cinéma d’Andrea Arnold depuis son premier long-métrage, mais elle ne cherche jamais à y répondre de manière frontale. Ses films ne sont jamais des contes moraux dont on tire des enseignements sur la jeunesse actuelle et ses horizons bouchés. Au contraire, la réalisatrice préfère toujours hypersensible d’Andrea Arnold verront en elle une cousine de Mia, l’adolescente solitaire et fan de hip-hop de son deuxième film Fish Tank (2009, Prix du Jury à Cannes) ou une nouvelle version de Star, princesse à dreadlocks pas faire un pas de côté et filmer à la manière des documentaristes. Si son cinéma s’inscrit dans une veine sociale, il a moins à voir avec Ken Loach qu’avec les films de la période du Nouvel Hollywood. Il y a de l’urgence partout ici : dans un plan-séquence sur une balade à vélo, dans un lent travelling sur un visage, le temps d’une scène où l’utilisation de la musique tombe toujours dans le bon tempo (le rock de Coldplay, Blur et des Irlandais de Fontaines D.C. se taille la part du lion)…

Du début à la fin, Andrea Arnold cherche à représenter ce moment suspendu où on n’appartient déjà plus à l’enfance, mais où on n’est pas encore tout à fait dans l’âge adulte. Le personnage de Bailey, 12 ans, jeune fille en pleine mue, donne corps à ce moment délicat. Celles et ceux qui connaissent déjà le cinéma hypersensible d’Andrea Arnold verront en elle une cousine de Mia, l’adolescente solitaire et fan de hip-hop de son deuxième film Fish Tank (2009, Prix du Jury à Cannes) ou une nouvelle version de Star, princesse à dreadlocks pas encore majeure, lancée sur les routes du Midwest au milieu d’une bande de freaks made in USA (American Honey, récompensé lui aussi au Festival de Cannes). C’est la jeune actrice Nykiya Adams – visage mi-étonné, mi-buté – qui interprète Bailey et illumine chaque plan de Bird. Il faut la voir refuser la violence de son demi-frère et s’étonner de l’immaturité de son père. Quand Bailey trouve l’occasion de fuir auprès d’une drôle de créature surnommée Bird (le comédien Franz Rogowski, aussi magnétique que Vincent Gallo), tout s’illumine. Ce sont deux jeunesses perdues qui pactisent, se soutiennent, se cherchent un père, déambulant dans la géographie particulière du Kent. Avec Bird, le miracle du cinéma d’Andrea Arnold, beau, irrésolu et fragile comme l’adolescence, se renouvelle. On s’étonne que le film soit reparti bredouille du dernier Festival de Cannes. 

Cet article est issu du Mag by UGC.
Bird, à découvrir actuellement au cinéma.

 

Inscrivez-vous dès maintenant !

Je souhaite recevoir l'actualité cinéma et les meilleures offres UGC.

Renseignez votre cinéma favori pour tout savoir sur les films à l’affiche.

* Champ obligatoire


Votre adresse email sera utilisée pour vous transmettre les emails « Bons plans UGC » et à des fins statistiques, et ce uniquement par les services internes d'UGC CINÉ CITÉ et les sociétés en lien avec UGC CINÉ CITÉ pour la réalisation de la prestation. La communication de votre adresse email est facultative pour poursuivre votre navigation. Vous pouvez vous désinscrire, à tout moment, en cliquant sur le lien de désabonnement de votre email.

Le responsable de traitement est UGC CINÉ CITÉ – SAS au capital de 12.325.016 euros – 24 avenue Charles de Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine – RCS DE NANTERRE 347.806.002. Conformément à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 « Informatique et Libertés », modifiée en 2004, vous bénéficiez d'un droit d'accès, de rectification, de suppression, d'opposition, de limitation, de portabilité des données vous concernant, ainsi que de la possibilité de fournir des directives quant au sort des données après le décès en adressant votre demande par courrier à UGC Ciné Cité, Service Client, 24 avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine ou par mail à l'adresse suivante serviceclient@ugc.fr. Votre adresse email sera conservée pour une durée de 48h à compter de votre demande de désabonnement aux « Bons plans UGC »..

L'application UGC

Toutes vos séances sont là !

Le Mag by UGC

Le Mag by UGC

Découvrez toutes les sorties du mois.

Lire le mag